Le montage audiovisuel
Comme son nom l'indique, le montage ou "la conférence animée" est un ensemble où le texte sera complété par des illustrations sonores, visuelles ou audiovisuelles.
llustrations sonores: musique, chansons, textes, poèmes, extraits de livres, bruitages, etc.
Illustrations visuelles: diapositives, croquis, décors, éclairages, danses, mime, marionnettes, ombres chinoises, mise en scène générale.
Illustrations audiovisuelles: film (courts-métrages);sur un pays (la Turquie, la Finlande); sur un homme (un savant, un poète, un politicien, etc.); sur un thème (l'argent, la force de frappe, l'Europe, etc.).
Disons d'abord que tout montage doit avoir un occasion (actualité, voyage, discussion à approfondir): c'est la provocation. Puis une petite équipe doit veiller à la sensibilisation du groupe duquel on va s'adresser (foyer de jeunes, etc.). Enfin, il pourra être bon aussi de proposer plusieurs thèmes parmi lesquels le group choisira (referendum).
Ensuite viendra
L'enquête
C'est le premier acte qui va "engager" et qui va faire en sorte qu'un plus grand nombre se sentira concerné.
1. Les moyens humains
Il s'agit de connaître les compétences sur lesquelles on
peut compter. Cette enquête peut se faire à
l'intérieur du groupe mais aussi à l'extérieur
(organismes d'éducation populaire, animateurs culturels,
techniciens, etc
).
A l'intérieur du groupe, cela pourra paraître inutile à certains, pourtant l'expérience nous prouve que même à l'intérieur d'un groupe les compétences sont souvent mal connues.
2. Les moyens matériels
Il s'agit de faire l'inventaire des moyens techniques:
Il faudra parfois distinguer le matériel que l'on emploiera le jour de la programmation. Ce dernier doit être de très grande qualité et les responsables doivent en connaître à la fois le maniement et les pannes possibles.
Pour éviter qu'une présentation soit interrompue pour des causes techniques, il est nécessaire d'avoir ce matériel en double.
Des éléments sonores et visuels. On lancera aussi une véritable course au trésor sur le sujet choisi qui permettra de recueillir: livres, documente photographiques pris dans des revues, disques de musique et de chansons, témoignages écrits ou oraux, objets, etc Cette course au trésor se fera déjà dans la ville mais il ne faut pas hésiter, même si l'on est sans illusion, a écrire à des personnalités, aux ambassades, aux sociétés, aux théâtres, suivant le thème choisi.
En plus de cet apport souvent gratuit, il vous faudra envisager en cours de réalisation l'achat de certains éléments; à ce stade contentez-vous d'en dresser la liste avec les adresses et les prix. Suivant les besoins et votre budget vous en ferez l'acquisition.
Del lieux. Choisir déjà entre le plein air et la salle. Savoir combien d'ampères fait le compteur, quel est le voltage, la dimension de la salle (cela peut conditionner les actions scéniques et les projections).
Du temps. Calendrier de la réalisation. Un montage de 45 minutes à 1 heure nécessite environ huit séances de 2 heures en équipe et un week-end de répétition en groupe.
3. les buts poursuivis
On peut déjà déterminer si cette
réalisation est à usage interne ou si l'on envisage de
la présenter à un public. Un même sujet peut
être traité parfois sous forme de divertissement
&emdash; d'information &emdash; de formation.
4. Le idées
Sous forme de "brainstorming", de table ronde, de
réunion-participation ou de boîte aux idées, on
questionnera le groupe sur les idées qu'il a sur le
thème et la manière dont il voudrait le voir
traiter.
Cette opération est importante car le montage doit être l'expression du groupe et non de quelques-uns ou alors il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de le dire.
La synthèse
Tous ces éléments sont mis à la disposition de l'équipe responsable. Il faut ici souligner l'importance de cette équipe. Toute réalisation communautaire nécessite un cerveau central dont la tâche est d'organiser le travail et de mener la réalisation à terme. Pour cela, elle se réservera les domaines importants qui formeront le squelette de la réalisation, confiant à d'autres équipes de missions consistant à atteindre des objectifs définis en leur laissant de l'initiative dans le choix et l'orchestration des moyens devant conduire à ces objectifs.
Cette façon de faire est la véritable délégation.
Elle ne se borne pas à faire exécuter des tâches, à donner des ordres, elle confie le soin de prendre certaines décisions dans le respect de l'uvre commune.
Dans cet esprit, l'équipe responsable doit
Dans un montage de 45 à 60 minutes, on ne peut tout dire d'une façon complète. Pour les participants, il faut compter les connaissances qu'ils acquerront en cours de réalisation et on pourra compléter leur information par des conférences, des films, etc. Pour les spectateur, l'essentiel est qu'il sente qu'un homme, un pays, un problème sont maintenant à découvrir et à comprendre. Il s'agit d'éveiller chez le participant, comme chez le spectateur un intérêt. Toute cette pédagogie nouvelle est basée sur ce principe de faire ressentir ou sentir, avant de faire comprendre.
Faire le plan de la conférence. Un montage doit toujours avoir un thème dramatique (dramatique pris dans le sens d'action), c'est-à-dire qu'une histoire sera développée au cours de la réalisation. Il faut quel les participants et les spectateurs sentent un progression.
Es.; la vie d'un auteur, le circuit d'un tourisme, l'évolution d'un thème.
Rédiger un projet de texte de commentaire. Nous précisons que, dans un montage, tous les éléments sonores ou visuels cités au début d'article peuvent être utilisés mais il faut faire intervenir une notion importante: l'élément dominant ici ce sera le texte, non pas en qualité mais parce que le teste donnera la continuité du montage. Il servira de liaison pour annoncer plus ou moins directement le plan à venir.
Le commentaire doit être concis, concret.
On devra se méfier des phrases trop longues, du style faussement poétique.
Organiser. La division, en séquence et en plan. Quand le texte est adopté, l'équipe synthèse, organise le travail en établissant un tableau de chaque séquence. (La séquence correspondant soit à une unité d'action, soit au développement d'une idée). Puis chaque séquence est divisée en plan. (Le plan correspond au développement d'un argument).
La constitution des équipes. On peut, suivant les réalisations, confier chaque séquence à un groupe de six à huit personnes, réservant certaines personnes pour les éléments d'intérêt général. Autrement, on constitue des équipes qui travailleront au début d'une manière indépendante puis feront des répétitions d'enchaînement inter-équipes. Administration, publicité, décoration, illustrations visuelles, illustrations sonores, éclairage, etc , mime, danse costumes, accessoires, diction, mise en scène générale, etc
Explication du travail. Il faudra expliquer deux notions sans lesquelles on ne peut parler de conférence illustrée: le choix de l'élément sonore ou visuel; le montage. Le choix de l'élément sonore ou visuel. Il va falloir choisir dans la documentation et les illustrations les documents ou les éléments qui traduiront le mieux possible les idées que l'on veut faire passer. On tentera d'abord à l'efficacité. Lorsque nous parlons, nous écrivons, nous devons choisir les mots, les signes qui évoqueront le plus efficacement notre pensée et nous savons déjà la difficulté que nous avons à nous faire comprendre, les contre sens, les pléonasmes, que nous faisons. Il es sera de même du langage de l'image et des sons. Une image par rapport à un disque, un disque par rapport à un mime, un mime par rapport à un poème, etc Le montage. Il va falloir juxtaposer ou mélanger les illustrations. Faire en sorte que, de cet assemblage, sorte une uvre dont chaque élément obéit très exactement à une loi de type "dialectique", c'est à dire que chaque plan doit comporter un appel ou une absence qui trouve sa réponse dans le plan suivant; la tension psychologique (attention ou interrogation créés chez le spectateur) doit être satisfaite par la suite des plans, sous peine d'être décousue ou incompréhensible. Il faudra donc veiller tout particulièrement à la souplesse des enchaînements; enchaînements qui peuvent se faire, non seulement par le texte, mais aussi par le son et l'image. Il existe deux moyens de "monter" des documents sonores et visuels: a) le montage narratif; b) le montage expressif. L'expérience prouve qu'une réalisation fait habituellement une utilisation de ces deux moyens.a) Le montage narratif. C'est l'aspect (et) le plus immédiat et le plus simple du montage, celui qui consiste à assembler les documents d'une manière logique ou chronologique, en vue de raconter une histoire et de faire avancer l'action au point de vue dramatique (enchaînement des éléments de l'action selon un rapport de causalité). Au point de vue psychologique(la compréhension du drame par le spectateur). b) Le montage expressif. Il est fondé sur des juxtapositions d'éléments ayant pour but de produire un effet direct et précis par le choc de ces éléments. Dans ce cas, le montage vise à exprimer par lui-même un sentiment ou une idée. En mettant en évidence des rapports cachés entre les choses, les êtres ou les événements.
Le travail des équipes
Cf. chapitre correspondant dans "Technique de l'expression", ed. Presses d'Ile-de-France.
Nous n'analyserons que le travail de quelques équipes.
Illustrations sonores
Cette équipe a un travail très intéressant à faire; elle doit trouver les illustrations sonores qui seront utilisées dans les différents montages.
Il existe deux grandes possibilités d'utilisation de la musique: le son est utilisé en fond sonore. Il importe avant tout de ne pas utiliser ce moyen simplement dans le but de meubler le silence.
Le plans sonores. Ils ponctuent un texte, une image. Ils sont indépendants de l'action. Le plan sonore est alors considéré comme pouvant à lui seul, produire une idée, un sentiment. Ce procédé permet de mettre en valeur les temps sans musique par effet de contraste. Dans cette utilisation du son on doit éviter un certain éparpillement. Il faudra donc veiller à une certaine unité sonore (musique d'un même auteur) se réservant l'utilisation d'autres disques pour des effets spéciaux. D'autre part il faut veiller à introduire la musique doucement, puis monter progressivement, et puis diminuer de même la puissance.
Effets spéciaux
Dans ce chapitre entrent les bruitages que l'on peut fabriquer soi-même ou acheter en disques.
On peut enregistrer au préalable la musique sur bande magnétique ou travailler avec deux électrophones. Ce qui permet entre autres d'obtenir des effets stéréophoniques ou de véritables dialogues de musique en utilisant le procédé du "fondu-enchaîné".
Le sous vision: ce temps correspond à ce que nous avons appelé un texte, etc On peut utiliser ce procédé quand on veut projeter plusieurs diapositives à la suite et que l'on veut donner une impression de mouvement: ex.: passage d'un plan d'ensemble à un gros plan, état d'alerte, le regard d'un homme affolé qui court d'objet en objet.
La sur vision: ce temps correspond au fond sonore, la diapositive soutient le texte, mais cesse très rapidement de retenir l'attention du spectateur
Le illustrations visuelles
a) A la recherche des documents.
en plus des maisons spécialisées, l'équipe peut faire des diapositives (signalons qu'un film spécial existe permettant de faire des diapositives noir et blanc). D'autre part, elle peut faire des contretypes de documents trouvés dans les revues et les livres (pour les détails techniques, vous consulterez avec intérêt "Photo" de Jean Pilorgé, Publication Photo-Revue, 118 bis, Rue d'Assaz, Paris 6e.)
On pourra aussi fabriquer certains documents abstraits (brûlures de diapositives en couleurs) ou dessiner sur papier kodatrace. On peut de la même manière faire des titres; on utilise de l'encre de chine. s
b) Les écrans.
Il faut se libérer de la notion cinématographique de l'écran et se persuader que dans un montage, toute surface peut servir d'écran (un mur, un panneau, etc ).
Quand on le peut, il est préférable de faire de l'écran un élément décoratif. Il deviendra, suivant le thème, fenêtre, écran de télévision, voile de bateau, etc
On peut si c'est nécessaire envisager plusieurs écrans qui seront utilisés, soit en alternative, soit en même temps, dans le cas où les photos se complètent. Ex.: une foule et un troupeau de moutons, un défilé de SS et un troupeau d'oies. D'autre part, on aura intérêt, toutes les fois que les lieux le permettront, à utiliser un drap pour pouvoir projeter par transparence (ce qui permet de cacher l'élément technique).
La projection. La projection des diapositives durant un montage pose de très gros problèmes: 1) L'éclairage. Il faut que le lieu où se déroule l'action scénique soit éclairé sans que les projecteurs gênent la projection. Pour cela, il est souhaitable de placer l'écran, soit en avant de l'aire scénique (les projecteurs se trouvant derrière), soit en arrière (les projecteurs étant placés au plafond et éclairant une zone limitée). 2) Le champ visuel. Il est important de placer l'écran dans le champ visuel des spectateurs, leur évitant de tourner la tête toutes les fois qu'il y a un document projeté ou de manquer certaines projections. 3) les cadences de projection. Temps normal: c'est le temps nécessaire à la vision et à la compréhension de l'image; il est environ de 6 secondes. La sous vison: ce temps correspond à ce que nous avons appelé plan musicaux; la photo annonce d'autres images ou ponctue un texte, etc On peut utiliser ce procédé quand on veut projeter plusieurs diapositives à la suite ou quand on veut donner une impression de mouvement. Ex.: passage d'un plan d'ensemble à un gros plan état d'alerte, le regard d'un homme affolé qui court d'objet en objet. La sur vision: ce temps correspond au fond sonore, la diapositive soutient le texte, mais cesse très rapidement de retenir l'attention du spectateur. 4) Mélange de documents en couleurs et en noir et blanc: sauf effet spécial, il n'est pas souhaitable de mélanger la couleur et le noir et blanc. Il faut dans un montage une unité de teinte. C'est le thème qui doit nous imposer le choix. Dans le même ordre d'idées, il n'est pas souhaitable de mélanger les formats. Sans vouloir imiter le cinéma, la connaissance du langage cinématographique peut vous donner des indications. Voir à ce sujet "Le langage cinématographique", de Marcel Martin, Edition du Cerf. 5) Les enchaînements: a) le fondu au noir ou fermeture fondue. L'image s'estompe, s'assombrit et disparaît, on peut obtenir cet effet à l'aide d'un cache de carton. b) l'ouverture à partir du noir. Procédé inverse. c) Le fondu enchaîné. Il existe des projecteurs spéciaux à deux objectifs munis d'un tris, mais d'un prix très élevé. On peut obtenir cet effet en utilisant deux projecteurs et en abaissant alternativement une cache devant chaque objectif. Il faut que les deux objectifs soient réglés sur le même champ visuel. Si l'on n'utilise pas les caches, on obtient de la surimpression. d) Effets spéciaux. On a parlé essentiellement de diapositives; sachons que l'on peut utiliser les films fixes et que l'on peut même, à partir de la pellicule préalablement grattée, fabriquer des décors mobiles (on les projette par transparence sur une toile de fond). En fin, on peut parfois combiner diapositive et ombre chinoise. Ex.: projection d'une danseuse de flamenco et ombre chinoise d'une fille dansant.
Diction
Nous n'étudierons pas la technique de l'expression vocale que est traitée dans le livre "Techniques de l'expression", mais nous voudrions insister sur la nécessité dans ce genre de montage de textes dits en direct et non enregistrés, cela pour deux raisons. La première pour une raison, une question technique au moment de la diffusion, les textes, même enregistrés sur vitesse 19, sont parfois inaudibles dans une grande salle. la seconde pour une question d'animation, utilisant déjà un certain nombre d'éléments inanimés, il nous semble important de conserver par les lecteurs un présence humaine.
Pourquoi faire des montages
Les réflexions que nous ferons doivent nous amener à comprendre pourquoi nous devons faire des montages.
Sans croire que le montage est la panacée à tous nos maux, nous devons être persuadés, et l'expérience nous le prouvera, que nous avons là un moyen pédagogique privilégié dans la mesure où nous respectons certains critères, car c'est plus dans le processus que dans la forme que l'on fait acte éducatif; il y a une manière éducative d'organiser un bas et une manière anti-éducative de faire une veillée-montage sur le racisme. Il na faudra jamais confondre la fin et les moyens.
Notre but est de former des citoyens qui, après avoir eu, dans leurs loisirs la possibilité de s'informer, de juger, de choisir, de s'exprimer, d'agir, dans un groupe et grâce au groupe, auront acquis le goût des responsabilités, de la création et sauront dans tous les secteurs de leur vie reporter ce goût de la participation.
Volontaire
Notre but étant de faire s'exprimer les individus, nous devons créer un climat de liberté. Nous ne chercherons pas à imposer nos idées, mais à les proposer pour provoquer un choix libre qui sera une réalité si nos activités sont liées aux préoccupations du groupe.
Active
L'homme de la rue éprouve de grandes difficultés, sinon des impossibilités, à répondre d'une manière autre que passive à l'appel des moyens d'expression: toute son éducation l'y a prépare. La civilisation du travail dans laquelle il vit l'y pousse.
Combien d'hommes et de femmes, si actifs dans leur travail rémunéré, deviennent passifs dans leur temps de loisirs qui n'est compris que comme un temps mort ? Grâce au montage, nous allons leur permettre d'activer des techniques dont on dit avec raison parfois qu'elles le condamnent à la passivité. Cette participation active des jeunes, il faut la pratiquer au cours: de l'élaboration, de la réalisation, des conclusions.
Collective
Dans le monde qui se construit, nous sommes devant le fait d'une nécessaire spécialisation qui risque de nous faire devenir: des membres d'une secte d'initiés, croyant détenir la vérité, ayant son langage ésotérique, ses préoccupations, avec la difficulté de dialoguer que cela suppose; des êtres rivés à des tâches parcellaires qui nous rendent témoins d'un monde qui a l'air de se construire sans nous et parfois contre nous, d'où un individualisme renaissant; des êtres qui ont perdu (quand ils l'ont eu) la notion de leur importance, de leur valeur, se sentant incapables de faire quelque chose, d'où la peur de se retrouver avec d'autres qui les jugeront. Cependant des éléments positifs apparaissent: la multiplicité des techniques, la complexité du savoir obligent à réviser certaines méthodes de travail: confrontation des opinions de chacun au moment de l'élaboration et des conclusions, répartition des responsabilités au moment de la réalisation, acceptation d'une autorité que l'on sait capable de mener à bien l'activité. Ainsi chaque individu, à l'intérieur d'une équipe, découvre la complémentarité des êtres, il enrichit l'équipe et l'équipe est enrichie par son apport.
(D'après G. Dobbelarer &emdash; P.
Saragoussi)